UNE CELEBRITE - SON HISTOIRE : NAPOLEON-AMBROISE COTTET.

Publié le par Université Populaire de l'AUBE

NAPOLEON-AMBROISE COTTET

(1808-1880)

 

40 LETTRES

 

Préface de Michel Cordillot.

 

 

Notre ami Daniel CHEROUVRIER a fait une découverte importante à la médiathèque de Troyes, 40 lettres écrites par Ambroise Cottet à son fils Jules. Ces lettres furent déposées en 1995 par un descendant américain de Jules Cottet, ce dernier s’étant installé aux États-Unis vers 1854.

Daniel Chérouvrier les a transcrites, annotées et publiées à compte d’auteur et en a fait don à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de notre ville. Grand merci.

Cet ensemble épistolaire, complété par différents articles et études retrouvés ou réalisées par l’historien, est une manne intéressante pour tous ceux qui veulent compléter ou retrouver l’histoire nationale ou locale au XIXème siècle. Amateurs autant que chercheurs, « tous ne pourront que se réjouir de cette belle initiative. » indique Michel Cordillot, professeur émérite, dans la préface de ce recueil.

Et d’abord sur l’engagement du fils, Jules- Léon Cottet, aux côtés d’Etienne Cabet pour fonder une communauté icarienne en Amérique, prônant une forme de communisme chrétien, théorie faisant partie, selon Marx du « socialisme utopique ».

Jules-Léon (1835-1913), est le second fils d’Ambroise Cottet et d’Élisabeth Morel. Ils ont eu 6 enfants : Anna, Jules-Pierre, Jules-Léon, puis Pierre-Marie, Marie-Félicie et Charles Napoléon qui meurt, âgé de 13 ans, le 3 Juillet 1856 par noyade au déversoir de Saint-Julien les Villas.

L’exil du fils qu’il ne reverra plus, permettra en tout cas d’apprendre par ces lettres riches de sensibilité, d’anecdotes et de jugements divers, beaucoup de choses sur le père Napoléon-Ambroise Cottet, « républicain éprouvé, combattant des époques difficiles » selon le citoyen Floiras, secrétaire de la corporation des métallurgistes. Son parcours professionnel est flatteur quoique résistible ayant subi l’ostracisme politique de l’Empire.

Il suit à 18 ans des cours de mathématiques appliquées à l’industrie, avec le polytechnicien Alphonse Leymerie, dont il devient le collaborateur puis le remplaçant. Il obtient à 20 ans le 1er prix de géométrie et prépare ensuite les cours d’hygiène (grande théorie de l’époque) du brillant Docteur Noël Patin. (1) Puis il obtient le poste envié de vérificateur des poids et mesures, mais en est renvoyé en 1848 pour avoir été, aux élections législatives d’avril, « candidat des ouvriers et des instituteurs ». L’Assemblée sortie des urnes n’est pas favorable aux républicains et leurs chefs sont arrêtés (Blanqui, Barbès, Raspail etc.). On s’achemine vers le coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte du 2 décembre 1851.

Ambroise Cottet fut également professeur à l’École Normale d’instituteurs, première forme. (Guizot les institue en 1833 pour les garçons seulement et avec formation morale et religieuse).

Il seconda l’industriel Emmanuel Buxtorf, « un patron aux idées larges » (2) et fut 2 fois exilé en Algérie par Napoléon III. Son éloge funèbre fut prononcé par Stanislas Baltet. (3)

 

LES PERSONNAGES RENCONTRES

 

On va donc rencontrer au détour de ces lettres les personnalités troyennes que fréquente Cottet. La plupart sont des républicains modérés mais animés de beaux idéaux et en recherche de construction d’une république qui a du mal à naître.

*Julien-Joseph JACQUIN, fabricant de bonneterie, exilé en 1852.

*Emmanuel BUXTORF, constructeur de métiers, s’adaptant au système Jacquard, républicain modéré, ami et employeur de Cottet. 2 fois maire de Troyes.

Joseph-Claude HABERT, membre de la Première Internationale, animateur de l’affaire des « bonnets rouges ».

Antoine JONVAUX, Icarien, beau-père de Jules-Léon Cottet.

*Désiré ARGENCE, maire de Troyes, bonapartiste, transforme la ville, mais détruit un patrimoine ancien.

*Claude MOCQUERIS, écrivain, gendre du préfet Pelletan.

Amédée GAYOT : Député, membre du Cercle Populaire, aide Charles Baltet à placer les élèves méritants en horticulture.

Denis FARJASSE : riche personnalité de cette période.

Gustave CLUSERET Homme politique typique de l’époque « au parcours sinueux » nous dit D. Chérouvrier.

Julien GREAU, érudit, manufacturier. S’inquiète de la destruction par Argence d’une partie du patrimoine troyen (Cordeliers).

*Alexandre LEYMERIE, (1801-1878) géologue, professeur, mort à Toulouse.

Louis PARIGOT, 2 fois maire de Troyes. Député, initiateur de la Vallée Suisse. Le « Propagateur de l’Aube ».

Louis SAUSSIER, frère du général. Républicain. Partisan de Jean Macé.

*Louis ULBACH romancier, fonde

*Auguste MILLARD :

Les noms marqués d’un * possèdent une rue à Troyes.

 

On trouve aussi bon nombre de figures nationales : Ledru-Rollin, Blanqui, Mac-Mahon, Thiers, Cabet, Louis Blanc, Jules Favre, Louis Rossel, Rochefort.

 

(1) Ses idées avancées lui vaudront aussi quelques difficultés avec les pouvoirs en place. Il fut saint-simonien et plusieurs fois président de la Société Académique.

(2) Louis Morin, notice.

(3) Député et maire de Troyes en 1881. Cousin du grand horticulteur Charles Baltet.

 

LES  THEMES ABORDES

 

Éléments techniques : les métiers circulaires, considérations techniques, récompenses aux inventeurs. Les piles électriques de Bunsen et Daniell.

L’exposition de 1860. Grande exposition régionale multiforme. On arrache les arbres de la place du Préau pour exposer les machines. « Dépenses effrayantes ». Travaux imposants. Argence est critiqué mais il n’en a cure. : « Je suis nommé par l’Empereur ! Je fais ce que je veux ».

La Société Horticole : Créée en 1850 par Charles Baltet, la 1ère Société Horticole compte Cottet, parrainé par le Dr Auguste Millard, comme vice-secrétaire en 1863.

La guerre de Sécession. Jules s’y engage pour la liberté, contre l’esclavage. Ambroise se félicite que le brillant Dr Patin ait perdu ses préjugés vis à vis des noirs. Débat sur l’égalité des races.

Lincoln est le héros de nos républicains. Son assassinat en 1865 (lettre 21 et 22) laisse les républicains dans la peine.

Unité de l’Italie : Garibaldi, autre héros des Cottet.

Mœurs électorales : Fréquents commentaires sur les élections.

La religion : Critiques acerbes de Cottet.

Mouvements sociaux : Crise du textile due à la guerre de Sécession. Les grèves. La Commune de Paris. Cottet prend à peu près la même position que V.Hugo.

Un livre phare : Les Misérables.

Portraits divers :

L’occupation prussienne : à Troyes.

L’Éducation populaire : Cottet chantre de l’EP avec de nombreux acteurs (Macé, les Baltet, Le Cercle populaire, fondé par S. Baltet et Cottet, est en butte aux républicains « de l’ordre moral » (sous Mac-Mahon) qui le dissout (1874) et condamne ses membres.

Tous ces sujets méritent développement et analyse. La personnalité d’Ambroise Cottet qui y domine gagnerait à être mieux connue. Ses convictions et sa passion républicaines n’évitent pas les hésitations et même les contradictions. Il est vrai que la notion de république est de nouveau en pleine construction après l’Empire.

Les événements nationaux et même internationaux éclairent en partie les positions de Cottet et des autres acteurs troyens.

 

UNE CELEBRITE - SON HISTOIRE : NAPOLEON-AMBROISE COTTET.

Publié dans HISTOIRE LOCALE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article