SAUVER LA LANGUE FRANÇAISE - Le Petit Louvre plein à craquer grâce à Philippe LOUBIERE et l'UPOPAUBE. Langue unique, système totalitaire.

Publié le par Université Populaire de l'AUBE

L’Université Populaire a marqué un grand coup. Elle a réussi à intéresser plus de cent personnes sur un sujet élitiste en apparence.

Philippe Loubière le conférencier en fut lui-même fort surpris. Son talent a fait merveille. Défendre le français : il ne s’agissait pas d’une question de vocabulaire ou d’orthographe, mais de citoyenneté ! A langue unique, système totalitaire, pensons-nous. L’orateur a traité du sujet avec compétence, audace et humour.

Comme nous avions choisi une lecture de Chrétien de Troyes, il démontra tout à trac la différence essentielle entre le Perceval, chevalier médiéval, français, et le Parzifal germanique mis en scène par Wagner. Bien qu’issu de la même source littéraire, les 2 héros sont différents. Le Perceval de Chrestien est un chevalier porté par une passion de justice, de défense des faibles et qui met en avant le féminisme. L’autre, le Parfizal de Wagner a les connotations racistes propres à son époque, mais aussi populistes, ce pourquoi les nazis l’utilisèrent.

Comme quoi tout est politique mon cher monsieur !

J’avais choisi 3 auteurs très français pour asseoir Loubière dans son élément : Jean-François Nivet et son Troyes-Roman pour situer l’endroit où évolua Chrestien de Troyes (et l’endroit où nous étions !), Chrestien bien sûr et Aragon. Ce dernier dans  La leçon de Ribérac veut river leur clou à quelques intellectuels tentés par la philosophie pétainiste, Valéry, Giono, Montherlant, Gide, Drieu la Rochelle, pour leur opposer la manière de penser médiévale que Montherlant considère comme de la « morale de midinette ». Ce qui signifie que la littérature fut dès 1940, une arme pour la Résistance.

Le propos de Philippe Loubière sur la langue française a enthousiasmé une bonne partie de l’auditoire, même si certains se sont sentis visés, en particulier des enseignants qui avaient utilisés des méthodes de lecture nouvelles dans les années 80, méthodes opposées à la méthode syllabique traditionnelle.. Or l’orateur ne s’attaquait pas aux enseignants, obligés de fonctionner selon les programmes, il ne visait que la méthode, accusée d’aggraver les inégalités scolaires issues d’un système social lui-même inégalitaire. Les maths modernes, dans la décennie précédente, dont le but était de dépoussiérer les méthodes anciennes, eurent ce même inconvénient. N’étaient-elles pas jugées élitistes dès le début de leur application ?

Autres grincements de dents lorsqu’il parla de « formatage » des maîtres, façon sournoise d’obliger tous les enseignants à suivre la voie royale tracée par le ministère.

Une langue ne sert pas seulement à communiquer, elle sert d’abord à penser et la grande question posée ce soir-là, était de comprendre pourquoi il fallait sauver notre langue, attaquée sans doute par l’anglais (l’américain a crié quelqu’un dans la salle), mais surtout par un système économique dont le fer de lance est la langue. La colonisation mentale de l’anglais est en marche avec la mondialisation. Nous n’avons rien contre le fait d’apprendre les langues, moyen formidable de communication et de culture, a dit l’orateur qui en parle plusieurs, mais la langue n’est pas un simple outil technique. Elle transporte avec elle une vision du monde, une culture, un art de vivre, de communiquer, de vendre. Mais aussi d’imposer. C’est un moyen de pression, de pouvoir, de domination.

Faire vivre la nôtre, c’est faire vivre l’universalité de la culture française.

Des citoyens de tous horizons, comme Alain Rey ou Claude Hagège se dressent par ex. contre la loi Fioraso qui crée des filières entièrement en langue anglaise. La loi n’a été adoptée que par le seul P.S. Il fut également question du protocole de Londres signé en 2000 par Lionel Jospin et qui, sous prétexte de simplifier l’adoption de brevets, aboutit à mettre la France en position d’infériorité.

Ne faut-il pas voir là une violence idéologique de la même façon qu’il existe une violence économique. Beaucoup ne s’en rendent pas compte depuis qu’on leur chante sur tous les tons que le libéralisme est naturel, naturel comme le soleil qui brille et l’herbe qui pousse. La violence linguistique en fait partie qui permet aujourd’hui de parler franglais sans honte et d’effrayer ses interlocuteurs, ne serait-ce qu’en prononçant les mots capitalisme, lutte de classes, exploitation, plus-value. Des mots nouveaux chassent ces derniers comme ce «flexi-sécurité »

qui n’est pas un nouveau vocabulaire, mais une nouvelle manière d’exploitation.

Jean Lefèvre

 

 

SAUVER LA LANGUE FRANÇAISE - Le Petit Louvre plein à craquer grâce à Philippe LOUBIERE et l'UPOPAUBE. Langue unique, système totalitaire.
SAUVER LA LANGUE FRANÇAISE - Le Petit Louvre plein à craquer grâce à Philippe LOUBIERE et l'UPOPAUBE. Langue unique, système totalitaire.
SAUVER LA LANGUE FRANÇAISE - Le Petit Louvre plein à craquer grâce à Philippe LOUBIERE et l'UPOPAUBE. Langue unique, système totalitaire.

Publié dans LITTERATURE

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