Page destinée aux réflexions des adhérents.

Publié le par Université Populaire de l'AUBE

I/ - Par Jean-Michel POUZIN.

Petit argumentaire en faveur du nom d’Université.

Les spécialistes de l’histoire des Universités, en Europe et ailleurs, ne devraient pas trop contester le fait que, par naissance, l’Université a dû remplir trois grandes fonctions. Premièrement, la formation au savoir de haut niveau ; deuxièmement, la formation du savoir, autrement dit, la recherche scientifique ; enfin, le recrutement d’une élite. Depuis une trentaine d’années, l’Université en France ne peut guère remplir que la première de ces fonctions. En simplifiant, le CNRS remplirait la deuxième fonction, et les grandes écoles, la troisième.

Que gagne alors une Université populaire en 2013 en conservant, et même en revendiquant, le nom d’Université ? Avec ce nom, elle gagne évidemment à prendre place dans le grand mouvement d’émancipation qu’incarnent les universités populaires en France, et dont Serge Wolikow a évoqué l’histoire, lors de l’assemblée de constitution de l’Upopaube, mercredi 10 avril.

Mais, par son caractère populaire, une Université populaire peut aussi offrir au citoyen quelque chose que les Universités d’aujourd’hui peinent à offrir. On peut s’en convaincre à partir du nom même d’université. Ce nom signifie l’ouverture à l’universel, c’est-à-dire à ce qui est, suivant l’étymologie latine, « tourné vers l’un », vers l’unité. En effet, un savoir n’est pas une science s’il ne vaut pas pour la totalité de son objet (disait Aristote !), ni s’il ne vaut pas pour tous (il n’y a pas de science privée). Mais, dans l’Université d’aujourd’hui, les savoirs enseignés sont des spécialités séparées les unes des autres. Même en philosophie, les spécialistes de domaines différents ne se comprennent plus entre eux. Or ce cloisonnement est contraire au sens du mot « universel ». À quoi bon, en effet, posséder de nombreux savoirs spécialisés si rien ne permet de les accorder dans une culture « générale » éclairée, ni de leur donner un but dans la vie avec les autres ?

Peut-être que le projet d’une encyclopédie, autrement dit, d’une unité de tous les savoirs, est devenu ridicule. Pourtant, une Université populaire peut, mieux sans doute que les Universités d’aujourd’hui, donner une unité à la diversité des savoirs universitaires. Elle le peut d’abord par sa volonté de partir des demandes du public et de toujours y revenir. Elle le peut ensuite en n’oubliant jamais que l’unique but est de mieux se comprendre rationnellement soi-même dans les contradictions du monde social et naturel du XXIème siècle.

Par contraste, n’est-il pas contraire au sens du mot « universel » d’appeler « université d’été » une session au cours de laquelle une conception particulière du pouvoir et de la société est prise pour le seul point de vue politique valide ? Tant que le sens du mot « universel » sera conservé, ne seront pas confondus endoctrinement au bord de la mer et instruction publique dans les diverses formes d’École..

 

II/ -

"La nuit de la servitude et de l’ignorance n’est pas dissipée par une illumination soudaine et totale, mais atténuée seulement 
par une lente série d’aurores incertaines."

 

Jean Jaurès, Discours à la jeunesse, Lycée d’Albi (1903)

 

Page destinée aux réflexions des adhérents.

III/ - Alain KESLICK.

Après l’annonce, pour notre AG du 14 mai, de la lecture de textes anciens montrant que le féminisme n’a pas toujours progressé comme il est souhaitable, Alain Keslick de Romilly nous envoie cette ligne Internet qui parle de la « misogynie intemporelle » selon Disney.

C’est « hénorme » effectivement.

 

http://www.slate.fr/life/71877/quand-disney-employer-filles-creatives

 

 Il recommande en outre la lecture du livre d’August BEBEL, "Les femmes et le socialisme" que peu de lecteurs, même de gauche, connaissent.

 « C'est une mine d'or et une analyse très complète de la condition des femmes à travers les siècles », dit-il.

 

Commenter cet article