JEUDI 27 JUIN 2013 - Conférence LANGEOIS - biographie d'Henri KRASUCKI

Publié le par Université Populaire de l'AUBE

Christian LANGEOIS
Christian LANGEOIS

Christian LANGEOIS

HENRI KRASUCKI (1924 - 2003)

 

D’origine polonaise, né à Wolomin près de Varsovie, Henoch Krasucki commence à travailler à 13 ans dans une usine textile. Il milite déjà contre le régime fasciste de Pilsudski. La famille fuira les pogroms et viendra s’installer à Belleville. (1928)

Henri milite dès son arrivée au patronage « les pionniers rouges » où il fait la connaissance de Pierre George, le futur colonel Fabien.

En 1939, ouvrier chez Renault, il doit plonger dans la clandestinité. Il rejoint la Résistance fin 1940 dans un groupe de la Main d’Oeuvre Immigrée (M.O.I.) qui deviendra le groupe Manouchian.

En janvier 43 son père Isaac est arrêté pour sabotage puis déporté et gazé à son arrivée. En mars 43, il est arrêté à son tour et torturé pendant 6 semaines, parfois devant sa mère. Il est interné à Birkenau, comme son père. Sur 1002 Juifs de ce convoi, 86 seulement rentreront en 1945. Henri Krasucki subira la terrible « marche de la mort » qui les conduit à Buchenwald où ils seront libérés en avril 45 après une insurrection de l’organisation de Marcel Paul, ancien et futur ministre.

Il sera directeur de la Vie Ouvrière, organe de la CGT, puis élu au Bureau Politique du PCF en 1964. Avec Louis Aragon et Roland Leroy il fera changer la position du PCF dans ses rapports avec les chercheurs et les intellectuels.

Après le départ de Georges Séguy il devient secrétaire général de la CGT en 1982. Il ne dira rien sur la répression en URSS et protestera seulement contre celle de la place Tienanmen. Comme beaucoup de militants de son époque, il voudra croire à une transformation possible du socialisme à l’Est sans comprendre que c’était le manque de démocratie qui le condamnait.

Malgré les caricatures (le crabe Zuki) qui voulaient en faire un rustre, Henri Krasucki était extrêmement cultivé : polyglotte, connaissant par cœur la plupart des opéras, admirateur d’Éluard, il fut aussi celui qui sut mener adroitement les accords de Grenelle.

Il possède une place à Paris. Didier Daeninckx le peint dans son roman « Missak ». Il figure dans le film de Guediguian « L’armée du crime » tournée en 2009 pour expliquer l’engagement des étrangers dans la résistance.

Christian Langeois vient d’écrire sa biographie dont l’éditeur (le Cherche-Midi) nous dit :

« L'accès aux archives de la préfecture de police, du Parti communiste français, de la CGT, de la police politique polonaise comme les entretiens inédits avec des acteurs dont «Krasu » lui-même, rendent possible aujourd'hui d'en dégager une réalité plus complexe, en particulier son rôle dans la prise de distance de la CGT avec le PCF dès 1985. Christian Langeois nous livre ici la biographie vibrante et émouvante d'une personnalité dont les vies construisirent un destin. »

 

J.L.

 

Publié dans HISTOIRE

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