5 AVRIL A ROMILLY-SUR-SEINE - JEAN-NUMA DUCANGE : JULES GUESDE, L'ANTI-JAURES ?

Publié le par Université Populaire de l'Aube / UPOPAUBE

5 AVRIL A ROMILLY-SUR-SEINE - JEAN-NUMA DUCANGE : JULES GUESDE, L'ANTI-JAURES ?

JULES GUESDE, HENRI MILLET : MEME COMBAT

A 17 h 000 au cimetière des Hauts-Buissons à Romilly-sur-Seine, un hommage sera rendu à Henri Millet

« Qui dit société, dit rapports fondés sur la communauté des intérêts. C’est la solidarité, "l’aidons-nous les uns les autres", qui se substitue à l’antagonisme… » Jules Guesde

Ville aux fortes et actives traditions ouvrières, bonnetières et cheminotes notamment, jusqu’à la dernière décennie de vagues successives de délocalisations qui y ont éteint l’industrie textile, « Romilly-les-Chaussettes » était au XIXème siècle un des nombreux foyers du « guesdisme » en France. En 1892, Jules Guesde avait fondé avec Paul Lafargue, le gendre de Karl Marx, le Parti Ouvrier qui devint l’année suivante le Parti Ouvrier Français. C’est, dit-on, une conférence d’Etienne Pédron, à laquelle il a assisté qui aurait convaincu Henri Millet de rejoindre le POF. En 1897, le POF revendiquait une section locale de 400 membres, « devenue la métropole incontestée du socialisme dans l’Aube ».

Henri Millet fut le premier maire-ouvrier de France (1895). Né en 1865 à Romilly, fils de bonnetiers et ouvrier bonnetier lui-même, il quitte l’école à douze ans. Secrétaire du groupe collectiviste « L’Action » et du POF à Romilly, élu conseiller municipal en 1894, il reçoit l’année suivante l’écharpe de maire des mains de Jules Bouhenry-Gornet. Une "passation de pouvoirs" motivée essentiellement (mais non exclusivement) par le fait qu’Henri Millet, père de trois enfants, se retrouvait sans travail après que son patron, un façonnier ayant subi des pressions, l’eut licencié à cause de son activité politique. Henri Millet a été membre du Conseil national du Parti Ouvrier Français, délégué à ses congrès (et principal organisateur de XIIIème Congrès national du POF qui se déroula à Romilly en septembre 1895) et était, avec Guesde, parmi les 120 délégués français du Congrès socialiste international de Londres en 1896. Les deux  hommes se connaissaient d’autant mieux que Guesde était venu à Romilly, le 15 février 1892, invité par la jeune Chambre syndicale des ouvriers bonnetiers. En 1895, à la Chambre des députés, Guesde montait à la tribune pour défendre Henri Millet, dont le préfet avait annulé l’indemnité de maire. 

Romilly-sur-Seine a fortement et durablement été impactée par l’empreinte « guesdiste » avec un mouvement associatif, mutuelliste et coopérateur très développé et structurant de la vie locale. Il en existe aujourd’hui quelques héritiers directs.

Le "Jules Guesde", dont Jean-Numa Ducange nous dévoilera la primeur, brosse le portrait d’une figure marquante du ‘courant’ marxiste au sein du mouvement socialiste de l’époque, qui a été mise en arrière-plan au profit de Jaurès. Figure controversée, dont la cohérence « ne va pas de soi » ; le choix de « L’union sacrée » en 1914 et celui de la « Vieille maison » SFIO au Congrès de Tours, entre autre, mais dont l’apport au mouvement socialiste a marqué tout le XXème siècle.

Jean-Numa Ducange est maître de conférences (histoire politique et sociale des XIXème et XXème siècles en Europe) à l’université de Rouen, membre du bureau de la Grande Edition Marx Engels (GEME), membre des conseils d’administrations de la Société d’études jaurésiennes et de la Société d’études robespierristes.

- A lire : "Henri Millet, une vie au service d'un idéal" de PIerre Guillaumot

En guise d'introduction à la conférence

Publié dans HISTOIRE

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