QUE VEUT FILOCHE ?

Publié le par Université Populaire de l'Aube / UPOPAUBE

Gérard Filoche était l'invité de notre Université populaire qui ne l’a pas regretté. 200 personnes s’étaient déplacées, le 15 avril, au centre culturel de la Chapelle-Saint-Luc pour tout comprendre du Code du travail. 

L’invitation était ainsi lancée et M. Filoche a clairement exposé les bases de son intervention : oui, le Code du travail est une grande conquête ouvrière, lente à se mettre en place depuis 1906, mais qui a permis aux salariés d’avoir tout un ensemble de lois protectrices. Mais l’orateur n’a pas tardé à dénoncer toutes les atteintes à ce code depuis quelques années : «On passe le Code du travail à l’acide !», s’exclame-t-il et son attaque contre la loi Macron, comme celle, aussi pertinente, contre le patronat, fut un véritable régal de virtuosité, d’humour autant que d’une grande connaissance du sujet. 


Non, le Code n’est pas répulsif pour l’embauche, dit-il en s’adressant aux patrons, le Code est au contraire créateur d’emplois. Casser les droits sociaux, c’est à terme démolir un équilibre utile, car attaquer le Code revient à remettre le salarié en état de subordination. C’est pire que l’esclavage, dit-il, car les «maîtres» d’autrefois avaient au moins le devoir de subvenir aux besoins de leurs esclaves. Même si l’image est anachronique, elle est suggestive. Et Filoche de passer en revue les 106 articles de la loi Macron dont on ne connaissait que son plus menu morceau, le travail du dimanche. Ce fut, de l’avis général des syndicalistes présents, un véritable feu d’artifice et une éclatante démonstration de la dangerosité de cette loi, aussi bien pour les salariés que pour l’emploi.


Certes, l’Upopaube s’attendait bien un peu, connaissant le sujet Filoche, qu’une volée de bois vert serait distribuée au gouvernement en place. Le débat dans la salle fut chaud et dut être interrompu à cause de l’heure. Un intervenant réussit à placer une banderille au taureau tumultueux : «Mais que faites-vous donc au bureau national du P.S. ? Pourquoi ne rejoignez-vous pas la vraie gauche ?» Filoche répéta qu’il se battait pour l’unité de la gauche, la seule capable de faire céder le patronat et de ramener les socialistes au bercail. Rude besogne ! Il déclara aussi qu’il était le seul à dénoncer la loi Macron (Libération-Champagne du 11/4/2015). On n’est pas forcé de le suivre sur cette idée d’un héros seul pour affronter la tempête, puisqu’il est évident que PCF, Front de gauche, CGT et d’autres ont travaillé aussi la question pour montrer le danger de cette loi rétrograde.

Jean Lefèvre

<center>Toutes les photos sont de Michel Vinot</center>

<center>Toutes les photos sont de Michel Vinot</center>

QUE VEUT FILOCHE ?
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QUE VEUT FILOCHE ?

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