Le SOCIALISME ET LA GRANDE GUERRE.

Publié le par Université Populaire de l'AUBE

Le 17 Février 2014 à l'amphithéâtre du Petit Louvre à TROYES

85 personnes étaient présentes pour écouter :

Jean-Louis ROBERT et Gilles CANDAR  

 (CD audio disponible)

Pendant la conférence.
Pendant la conférence.
Pendant la conférence.
Pendant la conférence.

Pendant la conférence.

La conférence sur la Grande Guerre au Petit Louvre a pu accueillir ce 17 février deux valeureux poilus de la bataille historique. Mais ce n’est pas aux tranchées, ni aux gaz, ni aux shrapnels qu’ils ont fait allusion, ou si peu, mais aux débats intenses qui ont eu lieu dans le mouvement ouvrier à cette époque.

Ce seront des sujets peu ou pas abordés dans cette année de commémoration qui sera donc le plus souvent une année de commisération. On ressortira les casques troués, les obus gravés par les poilus, les lettres des tranchées, mais les causes réelles de ces carnages horribles ne seront pas données. Cette guerre a des causes économiques, pour la maîtrise des territoires et des ressources. Mais on la baptise des beaux mots de patriotisme, de liberté. On va même comme dans les guerres coloniales, aujourd’hui encore, parler de combat pour la civilisation.
Rappelons nous Jaurès, longuement évoqué par G. Candar qui disait :

« Le Capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. »

Anatole France confirmait : « On croit mourir pour sa patrie on meurt pour les industriels. »

C‘est donc bien le partage des territoires et des richesses qui est en cause, la concurrence entre capitalistes. Cette guerre, disent les syndicats et partis de gauche n’est pas « notre » guerre. D’où le grand mouvement pacifiste incarné par Jaurès et d’autres.

Le mardi 11 mars prochain nous invitons Annie LACROIX-RIZ pour nous parler de la Collaboration pendant la guerre. Or, selon elle, bien que le conflit de 1940 ait des caractères particuliers dus à l’entrée en scène du fascisme et du nazisme, il n’en reste pas moins évident, qu’en toile de fond, ce sont les conflits impérialistes qui dictent les choix. Selon elle, le Comité des Forges (Schneider, De Wendel) a préparé la défaite française pour être en synergie avec le patronat allemand, même en vendant son âme au fascisme « Plutôt Hitler que le Front Populaire ». Vérité encore dure à avaler de nos jours !

Pour expliquer son choix, notre invitée du 11 mars, a publié « LE CHOIX DE LA DEFAITE » dans lequel elle lève le voile :

« Quelles sont les causes de la Défaite de 1940 ? Le grand historien Marc Bloch écrivait en avril 1944 : " Le jour viendra [...] et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l'Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l'Europe en détruisant de nos propres mains tout l'édifice de nos alliances et de nos amitiés. Les Français n'ont pas été simplement vaincus en cinq jours par une Wehrmacht invincible ; le haut patronat les a sacrifiés à son plan de " réforme de l'Etat " copié sur les voisins fascistes et à son obsession d'accord avec le Reich. Cette affirmation incroyable paraît moins audacieuse à la lecture des archives, françaises et étrangères, relatives à une décennie d'actions des élites : militaires ; politiciens ; journalistes ; hommes d'affaires surtout, qui régnaient sur tous les autres, avec à leur tête la Banque de France et le Comité des Forges. L'autonomie des politiciens ou des journalistes relève ainsi du mythe, celle des militaires aussi. C'est bien la France des grands intérêts économiques et financiers qui dicta le choix de l'Allemagne comme partenaire privilégié dès les années 1920 et sabota l'alliance russe de revers qui avait évité la défaite en 1914. Aujourd'hui, l'accès aux archives éclaire les causes intérieures et extérieures de la Défaite et permet " l'instruction du procès de la vaste entreprise de trahison " que réclamait Marc Bloch. »

J.L.

 

On nous parle depuis quelque temps de la commémoration à Troyes du centenaire de la GRANDE GUERRE. 

Nous serons  donc les premiers à ouvrir le feu avec cette conférence intitulée :

 

LE SOCIALISME ET LA GRANDE GUERRE 

Pour que vous n'oubliiez pas de nous rejoindre au PETIT LOUVRE (voir plan ci-après) LUND 17 FEVRIER 2014 à 18 h 30, voici quelques notes sur la période historique et sur nos conférenciers de haut vol qui traiteront du mouvement socialiste à la veille de la Grande Guerre et pendant celle-ci.

Le MOUVEMENT SOCIALISTE n'a cessé de grandir entre 1870 et 1914, mais il va se diviser fortement en France autour de grandes figures, Jules GUESDE, Jean JAURES, Auguste BLANQUI, Edouard VAILLANT, Benoît MALON, Jules VALLES, etc.  Ces noms sont bien représentés sur les plaques de rues à Troyes, ce qui indique que la gauche révolutionnaire y fut reconnue par différents conseils municipaux.

Le MOUVEMENT SOCILISTE est un mouvement pacifiste qui considère la guerre comme inter-impérialiste. Anatole France écrit: "On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels." (1) Cette thèse du choc des impérialistes a été également utilisée en 1940 pour expliquer le conflit de la Deuxième guerre mondiale, malgré son second caractère antifasciste devenu dominant. (2)

En 1914 on peut considérer que le socialisme en tant que système politique nouveau est aux portes du pouvoir en Europe. Mais c'est la guerre qui est déclenchée ! 

Jean JAURES est assassiné et curieusement le mouvement socialiste bascule dans le soutien à la guerre. C'est  L'UNION SACREE . Cet extraordinaire retournement de situation mérite l'analyse des 2 historiens que nous avons invités.

 

Nos invitésGILLES CANDAR et JEAN-LOUIS ROBERT TROUVERONT-ILS  REPONSE A CES ETONNANTES QUESTIONS ?

 

Gilles CANDAR est un historien français,  président de la Sté d'Etudes Jaurésiennes et des Cahiers Jaurès depuis 2005 à la suite de la regrettée Madeleine Rebérioux).

C'est un spécialiste des xixe et xxe siècles et des gauches françaises.

 

Jean-Louis ROBERT est lui aussi particulièrement sensible à l'histoire sociale du XIXe siècle sur laquelle travaillent actuellement  nos historiens locaux.

Il a été directeur du Centre d'histoire sociale du XXe siècle de l'Université Paris 1.

Il est depuis 2004 Président de l'association des Amis de la Commune de Paris (1871).

Il a été Commissaire général de l'exposition aux Cordeliers du 140e anniversaire de la Commune de Paris organisé par la Ville de Paris en mai-juin 2011.

Il est depuis 2011 président de l'Université populaire du 14e.

 

(1) Annie Lacroix-Riz a défendu cette thèse sur France Inter lundi 10 février. 

(2)  La Première Guerre mondiale fut bien, comme la seconde, une guerre de rapine et de « repartage du monde » entre géants impérialistes. A. L. R .

 

Gilles CANDAR et Jean-Louis ROBERT.Gilles CANDAR et Jean-Louis ROBERT.

Gilles CANDAR et Jean-Louis ROBERT.

Publié dans HISTOIRE

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