ARAGON biographie de Pierre JUQUIN.

Publié le par Université Populaire de l'AUBE

ARAGON biographie de Pierre JUQUIN

UN DESTIN FRANÇAIS

 

Le Monde

Pierre Daix, qui a longtemps travaillé avec Aragon (1897-1982), a publié dès 1974 une biographie de celui-ci (Seuil), plusieurs fois actualisée et rééditée (Flammarion et Tallandier). Depuis, tous ceux qui avaient voulu approcher ce qu'Aragon désignait comme "la vérité d'un mensonge" avaient renoncé. Y compris Pierre Juquin, dont on attendait, en 2002, un "Aragon politique". Heureusement, Juquin, lui, a repris son travail et publie une grosse biographie, Aragon. Un destin français, dont vient de paraître le premier tome, 1897-1939. Le second, 1940-1982, sera publié en mars 2013. Il est évidemment dommage de ne pouvoir tout lire d'emblée, et, en terminant les 800 pages de ce volume, on se dit que Pierre Juquin n'a pas su éviter l'écueil de toute entreprise biographique - vouloir utiliser une trop grande partie de sa documentation. Néanmoins, pour qui s'intéresse aux ambiguïtés, aux mystères et à l'oeuvre imposante d'Aragon, la lecture est passionnante de bout en bout.

La construction est subtile, ne suivant pas toujours la chronologie. On découvre des documents inédits, on en revient aux textes, à la parole d'Aragon lui-même. Surtout, Juquin fait des hypothèses, propose un point de vue. On est loin de ces biographies dites "à l'américaine", où ne manque aucun détail, mais où la réflexion fait défaut. "Il n'est plus de chemin privé si l'histoire un jour y chemine", écrivait Aragon dans Le Roman inachevé (1956). Juquin prend donc le point de vue de l'histoire.

L’Humanité

Une cartographie nouvelle du continent Aragon

Le second tome de la biographie que Pierre Juquin consacre à Aragon propose une lecture lucide 
et empathique des années 
1939-1945.

Aragon, un destin français. 1939-1982, de Pierre Juquin. Tome II, « l’Atlantide ». 
Éditions de la Martinière. 704 pages, 29,90 eurosUn continent englouti. C’est à cela que pense Pierre Juquin en abordant le second ouvrage consacré à Aragon. Le premier, « le Temps des rêves » couvrait la période qui va de la naissance de l’écrivain à la déclaration de guerre de 1939. Le second, qui va jusqu’à sa mort, est ainsi intitulé « l’Atlantide ». Si, comme le note le biographe, le titre renvoie à un film de Maurice Failevic, l’Atlantide, une histoire du communisme, il s’agit ici de celle d’un homme, qui ne se confond pas avec celle du parti auquel il choisit ­d’adhérer, et ce « continent perdu » est, évidemment, la vie d’un homme disparu depuis trente ans, autant qu’une conception des rapports vie-œuvre qui n’a plus aujourd’hui d’équivalent.

Nous avons quitté Aragon à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Il a rompu avec les surréalistes, il n’écrit plus de poésie. Il a produit des romans – genre vigoureusement ­prohibé par André Breton – qui formeront plus tard le cycle du Monde réel. Il a passé un an à Moscou, dirige le quotidien Ce soir, et a joué un rôle important dans le rassemblement des écrivains contre le fascisme, en particulier pendant la guerre d’Espagne. C’est peu dire que c’est un des écrivains français qui comptent. Pour autant, il n’est pas encore le monument qu’il va devenir. On a dit qu’Aragon doit tout à la guerre, histoire de faire de sa position immense en 1945 la seule conséquence de circonstances. C’est précisément là que le saisit Pierre Juquin. À force de dire « Aragon poète de la Résistance » on en oublierait presque de demander ce qu’a fait Aragon pendant la guerre, période, en fait, peu connue de sa vie. Pierre Juquin suit à la trace le poète mobilisé, sa « campagne de France », où il reçoit une deuxième croix de guerre, les difficiles moments de désorganisation de la débâcle. Tous les témoignages montrent Aragon lucide, anticipant les évolutions futures de Pétain. Période charnière, matricielle, où Aragon met en place ce « langage de Sioux », la « contrebande », qui combat point par point le discours officiel sans offrir de prise à la répression. Un système qui resservira, plus tard. C’est aussi le moment où Aragon joue un rôle décisif dans la structuration et l’organisation de la résistance des intellectuels et des artistes. Et aussi écrit à nouveau de la poésie.

En pleine guerre, il fait ­renaître une poésie française. À partir de la « Leçon de Ribérac », elle a le visage des troubadours, des héros de Chrétien de Troyes, qui « occupent poétiquement l’Europe ». Ici, se confirme un trait qui fait d’Aragon un cas unique, cette faculté de « bouleverser son chant » quand sa vie, ses luttes, tournent une nouvelle page. Avec ça, la volonté de se servir des vieilles pierres pour bâtir du nouveau, et le souci du plus grand nombre. On est loin, Juquin le montre, des palinodies que lui reprochent ceux qui n’ont pas su commencer par le lire.

Ces axes cardinaux de sa poétique et de sa pensée seront présents dans les grands moments de sa vie et de son art, de la Libération à la déstalinisation, de la guerre d’Algérie au Printemps de Prague. Pierre Juquin met sa connaissance de l’histoire du communisme et de la vie intellectuelle française au service de la mise en lumière du contexte des moments de bifurcation du trajet aragonien. Le second volume de ce qu’on peut considérer comme un essai à la fois biographique, littéraire et politique saisit Aragon au moment où, au faîte de la gloire, il devient un personnage puissant et exposé.

Aragon est ainsi à la fois un acteur et un enjeu dans les luttes sur le front des idées et de l’art. Les étapes les plus connues, l’affaire ­Kravtchenko, celle du portrait de Staline, le rôle tenu par le poète, devenu membre du Comité central, montrent un cheminement vers la conquête d’une autonomie accrue de la littérature et de l’art, assorti de gestes affirmant la profondeur de son engagement. Ainsi, se monte le jeu subtil qui permettra à Aragon d’obtenir la libération d’artistes et d’écrivains, comme le cinéaste Paradjanov.

Un grand écrivain qui osa tout

Le mérite de cet ouvrage est de proposer une cartographie sur plusieurs axes du « continent Aragon ». Littérature, politique et biographie s’éclairent sans se confondre, et l’auteur ne prétend pas avoir réponse à toutes les problématiques qu’il soulève et peut laisser aux « hommes de demain ». On appréciera que sa longue fréquentation de l’homme et de l’œuvre lui permettent une étude précise, quasiment inédite, des dernières années de la vie du poète. Il la fait avec souci de vérité, refus du sensationnalisme, et là encore donne à la figure d’Aragon, ni ange ni démon, une dimension simplement humaine, celle d’un grand écrivain qui osa tout, par amour des mots et de la liberté.

Le Nouvel Observateur Vous avez écrit la biographie d'Aragon qui, au Parti communiste, était votre camarade. Quelle image gardez-vous de lui?

Pierre Juquin Aragon, c'était Talma [immense comédien français (1763-1826), NDLR]. Je me souviens d'une rencontre avec lui en 1967, pendant la guerre du Vietnam. Le Parti communiste intensifiait son action pour la paix. Il se préparait une exposition avec Picasso. On demande à Aragon d'écrire un manifeste. Waldeck Rochet, le secrétaire général du PC, me dit: «Aragon est très occupé. Il ne veut pas le faire, mais souhaite que ça se fasse. J'ai obtenu que tu puisses aller le voir chez lui, rue de Varenne. Bonne chance, l'humeur est très mauvaise.» Je gratte un texte-manifeste. Je fais de mon mieux. 

Aragon me reçoit. Il me dit: «Mon petit, on m'en demande trop. Si ça continue, je me jette par la fenêtre.» Je m'assois dans le fauteuil couleur boue des tranchées. Il commence à marcher de long en large sur ses grands fuseaux. Il me parle de Gorki, de la construction du canal de la mer Blanche, de Malraux, de mille choses passionnantes, peut-être un peu romancées. De temps en temps, il se regarde dans le miroir. Comme chacun sait, il détestait son image, mais il la regardait à chaque pas. Au bout de plus deux heures, il a besoin de sortir. Elsa entre, avec un grand plateau. Samovar, thé à la russe. Elle est charmante. Elle me dit: «Soyez patient, LOU-IS signera votre texte.» 

Puis elle ressort dans le couloir et elle lui fait la leçon. Il revient, très digne. Il me dit: «Mon petit, il faut savoir terminer une grève. Tu as un papier?» Il dévisse le bouchon de son stylo à encre bleu Waterman. Il s'assoit et commence à lire mon texte. Il raie la première phrase. Il écrit quelque chose à la place. Je me dis avec inquiétude que mon papier n'est pas bon. Il lit le texte jusqu'au bout. A la fin, il me le tend et il me dit: «Je signe.» Je regarde sa correction. J'avais écrit: «La guerre des Etats-Unis au Vietnam.» Il a rectifié: «La guerre américaine au Vietnam.» Et Aragon de jouer à Aragon et d'ajouter: «Tu as compris: ça change tout.» Mais il le faisait avec une élégance. Il avait la classe. C'était le roi Louis.

C'est ce jour-là, je crois, qu'il m'a dit: «Ce parti a tous les défauts que tu lui connais, et d'autres, mais c'est le seul pour faire la révolution.» C'est le pari qu'il avait fait dès 1927, année où il entre au Parti. C'est le pari de Pascal. Il l'a dit. Et son ami et admirateur Antoine Vitez a repris cette idée dans «Ma nuit chez Maud» d'Eric Rohmer, où il improvise, à la demande du cinéaste, une théorie du pari de Pascal qui serait non plus chrétienne, mais marxiste. Cette théorie vient droit d'Aragon.

Vous décrivez le jeune Aragon comme un ardent barrésien. Maurice Barrès, c'est l'éclat du style, mais c'est aussi le nationalisme, le «rossignol du carnage», comme dit Romain Rolland, le boulangisme et l'antidreyfusisme.

Il faut replacer Aragon dans son milieu d'origine. D'où vient-il? Il nous a un peu promenés en disant que, chez lui, c'était la misère. C'était une bourgeoisie moyenne de sous-préfets, de commerçants, de viticulteurs. Son père, préfet aux gants gris perle, était marié avec la fille d'un riche industriel alsacien. Sa mère et sa grand-mère étaient catholiques. Le père était voltairien. Aragon est traversé par le courant patriotique, nationaliste. J'ai trouvé dans sa bibliothèque un grand livre: «le Drapeau». Il l'a reçu dans son enfance.

Aragon est marqué par Valmy la République, la Revanche. En outre, son père est un héros des romans politiques de Barrès, une figure du «Roman de l'énergie nationale», où il apparaît sous son propre nom, Louis Andrieux. Je raconte comment lui et son père croisaient Barrès au bois de Boulogne. Après la guerre, quand les surréalistes organisent le procès de Barrès, il joue le rôle de la défense. Il analyse Barrès en deux temps: le Barrès anarchiste et le Barrès conformiste. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'en pare pour gagner la droite à la Résistance. Avec «les Déracinés», Barrès a ouvert le filon du roman politique, de l'histoire immédiate, qu'Aragon fera sien dans «les Communistes».

Il qualifie même Maurice Thorez de «professeur d'énergie nationale», en 1953...

Aragon disait: «S'il faut me donner une étiquette, je suis thorézien.» Pour lui, Thorez, c'est le Thorez, qui, en 1936, dans le célèbre discours de Villeurbanne où il lance le Front populaire, se livre à un incroyable éloge de la nation. On cite souvent, pour s'en moquer, le poème d'Aragon qu'il a rajouté en 1944 dans «la Diane française», intitulé «Du poète à son parti» où il écrit: «Mon parti m'a rendu les couleurs de la France.» 

En résumé, Aragon a été patriote, puis il a rejeté le patriotisme, «conchié l'armée française», avec dada, le surréalisme, l'anarchisme. Et Thorez l'a ramené aux valeurs nationales. Tout poète plonge ses racines dans son peuple, dans sa terre. Je n'ai pas une vue papillonnante ou derridienne d'Aragon. En lui la haine de la guerre est constante. Il l'acquiert dès 1914. Il est touché par «le Feu» de Barbusse, prix Goncourt. Il est révolté contre la guerre parce qu'il est médecin militaire.

Il m'a dit: «La chose la plus horrible? Tu es assis dans la tranchée, et les boyaux du type qui garde cette tranchée tombent dans ta gamelle.» Il a tenu des coeurs dans ses mains de médecin. Il a montré un courage prodigieux qui lui a valu la croix de guerre. Il demande à aller en première ligne. Il court pour ramener des blessés dans les lignes. Il est à la fois le chevalier héroïque et le révolté. Car, ce qui l'horrifiait par-dessous tout, c'étaient les mensonges de la propagande.

Il écrit: «Nous avons aimé la guerre comme une négresse.»

C'est dans une note sur un livre de Drieu. C'est moins son sentiment, je crois, qu'un résumé de celui de Drieu sur la libération des instincts qu'excite la guerre. «Dieu que la guerre est jolie», dit aussi Apollinaire. Aragon conteste cette idée de la beauté de la guerre.

UPOPAUBE

Pierre JUQUIN sera l’invité d’UPOPAUBE en mai prochain.

Qu'exalte le futurisme de Marinetti.

Et aussi Ernst Jünger, l'auteur des «Orages d'acier», dans des termes révoltants.

Quels étaient ces dégoûts littéraires?

Allez, je me lâche. Un jour, Aragon m'a dit: «Proust, mon petit, mais il est chiant.» Une autre fois, je venais de lire «l'Oeuvre au noir», de Marguerite Yourcenar. Il m'a dit: «Elle distille un ennui prodigieux.» Un autre jour, il m'a dit du mal de Beckett et j'ai appris, par la suite, qu'au même moment il écrivait son éloge.

Vous décrivez minutieusement la genèse intellectuelle qui va le mener au communisme.

Je suis allé voir dans sa bibliothèque les livres qu'il avait lus et ceux qu'il n'avait pas lus. Je vois bien que les traités économiques, ce n'était pas son affaire. Les pages du «Capital» ne sont même pas coupées. Mais la philosophie, oui. La sociologie, oui. Marx historien du 18 Brumaire, le romancier Aragon l'a lu en détail. Comme son ami André Breton, Aragon, jeune bourgeois aisé et hypercultivé, a été longtemps anarchiste, fasciné par la bande à Bonnot. Jusqu'en 1914, c'est le paysage idéologique du temps auquel se rattachent Aragon et même Mallarmé.

Avant de découvrir que l'anarchisme serait «contre-révolutionnaire»...

Ce sera un long chemin. Il ne voit d'abord dans la révolution russe qu'une «vague crise ministérielle». Il dénonce «Moscou la gâteuse». Puis il découvre Hegel, le marxisme. Pour Aragon et Breton, le PC est attractif car il prône l'anticolonialisme, l'antipatriotisme, l'antimilitarisme, l'anticléricalisme. Au moment où Aragon adhère au PC, ce n'est pas par opportunisme: le Parti est alors dans ses plus basses eaux, avec 30.000 adhérents. A cause de la tactique sectaire du «classe contre classe».

Pour Aragon, le grand défaut du mouvement ouvrier, c'est l'ouvriérisme, dont le socialiste Jules Guesde, avant 14-18, est le meilleur exemple. Contre Jaurès, Guesde refusait de défendre Dreyfus, car c'était un bourgeois. C'était aussi l'époque où Paul Lafargue [le gendre de Marx, NDLR] combat Hugo comme bourgeois. L'ouvriérisme, c'est aussi la méfiance à l'égard des écrivains. C'est une de ses originalités: Aragon affirme le rôle révolutionnaire des intellectuels - souvent méprisés par Lénine.

  Lire

- «Oeuvres romanesques complètes vol. 5», par Aragon, Gallimard, la Pléiade, 69 euros. 

- «La Chasse au Snark», par Lewis Carroll, traduit de l'anglais par Aragon avec des dessins de Mahendra Singh, Seghers, 19 euros. 

- «Aragon parle avec Dominique Arban», Seghers, 18 euros. 

- «Aragon d'hier à aujourd'hui», textes de Jack Ralite et Olivier Barbarant, Arcanes, 7 euros. 

- «Aragon, la Confusion des genres », par Daniel Bougnoux, Gallimard, 19,90 euros. 

- «le Monde» publie un hors-série «Louis Aragon, le fou des mots» (122 p., 7,90 euros), dirigé par Josyane Savigneau. On y trouve des textes de sa main, un portfolio d'images prises dans son moulin des Yvelines, mais aussi un grand portrait de Daniel Bougnoux, de nombreux documents signés Breton, Eluard, Mauriac ou Sollers, et les hommages de Pierre Daix, Jack Ralite ou Philippe Forest.

 

«Antisémite n'est pas français», écrit Aragon.

Aragon est le premier poète français pendant la guerre à faire entrer Auschwitz dans un poème. C'est en septembre 1943. Cette année-là, il est sorti d'Auschwitz, on ne sait pas trop comment, un petit mot de Marie-Claude Vaillant-Couturier, qui lui a valu de figurer parmi les grands témoins du procès de Nuremberg. L'opinion ne sait pas encore qu'il y a des chambres à gaz. Dans «le Musée Grévin», Aragon rapproche Auschwitz de la Passion du Christ:

Aux confins de Pologne existe une géhenne
dont le nom souffle et siffle une affreuse chanson
Auschwitz Auschwitz aux syllabes sanglantes.»

Vous notez que le rythme de l'alexandrin impose de prononcer le nom à l'allemande.

Dans un autre genre, il écrit dans les années 1930 le poème «Front rouge», à la gloire de la police stalinienne: «Vive le Guépéou, figure dialectique de l'héroïsme.» Ou encore ce texte «imbuvable», comme vous dites: «Lorsque ma femme aimée me donnera un enfant, le premier mot que je lui apprendrai sera: Staline.»

Il voulait être le Maïakovski français. Il a défendu les procès staliniens, alors que le général Primakov, le beau-frère d'Elsa Triolet, était parmi les accusés. Aragon a cru à tout ça. Au nom de l'antifascisme. Il a dit un jour: «Puissé-je me couper la main qui a écrit ces choses-là?» Aragon est un personnage tragique de la tragédie des communistes. C'est l'histoire d'un aveuglement dans un monde atrocement binaire. C'était si terrible pour lui que, lorsque, avec Jean Ristat, il travaille à republier ce qu'il avait écrit dans les années 1930, Aragon tombe malade.

Aragon ou Talma?

Les deux.

Dans un essai de Daniel Bougnoux, «Aragon, la confusion des genres», l'auteur de «Front rouge» apparaissait vêtu d'un «cache-sexe rouge». Le chapitre a été censuré par l'ayant droit du romancier.

Je suis contre la censure. Bougnoux est un auteur brillantissime. Mais s'agit-il là d'une censure ou des échanges habituels entre un éditeur et son auteur Et si on avait rendu service à Bougnoux en ne publiant pas ce chapitre Quand Bougnoux dit avoir été «brejnévisé», c'est de la rigolade. Cela prouve qu'il ne connaissait pas Brejnev. Sous Brejnev, c'était le samizdat ou l'étranger. Aragon a été l'homme de gauche le plus insulté avec Hugo et Jaurès. Inutile d'y ajouter l'homophobie. Je trouve triste de ramener l'auteur d'«Aurélien», de «la Semaine sainte» et des «Yeux d'Elsa» à son anus.

 Propos recueillis par Fabrice Pliskin

Aragon. Un destin français, 1897-1939, 
par Pierre Juquin, La Martinière, 810 p., 29,90€.

 

 

LOUIS ARAGON au second Congrès des écrivains soviétiques. (AFP)

LOUIS ARAGON au second Congrès des écrivains soviétiques. (AFP)

ARAGON biographie de Pierre JUQUIN.

Publié dans LITTERATURE

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